[ Tribune Avril 2026 ] Dès le Printemps : l’Hiver de la démocratie

Notre groupe tient à remercier chaleureusement les électrices et électeurs qui l’ont porté au 2e tour avec près de 3000 votes. Nous sommes le 1er groupe d’opposition : cette confiance nous honore, nous faisons entendre vos voix dès le 1er jour.

Dès le 1er conseil municipal, M. Haquin, aussitôt élu Maire d’Ermont, a fait voter une délibération qui lui octroie 30 des 31 compétences du Conseil Municipal. Notre groupe ERMONT CITOYEN s’y est opposé car le Maire peut désormais prendre des décisions sur des sujets cruciaux sans débat en conseil municipal. Seul le devoir d’information reste obligatoire. Pour une démocratie vivante, le pouvoir ne doit pas être ainsi concentré dans les mains d’une seule personne.

L’article L2122-22 du Code Général des Collectivités Territoriales permet au Conseil Municipal de déléguer au Maire tout ou partie de ses compétences, mais rien ne l’y oblige ! Certaines délégations sont légitimes pour la gestion quotidienne des services, la passation de petits marchés publics, les actions urgentes…mais nombre de compétences devraient rester au sein du Conseil Municipal afin que les décisions les plus importantes puissent être débattues en séance, chaque élu.e pouvant ainsi apporter sa pierre à l’édifice. À titre d’exemples, la gestion des propriétés communales, la réalisation d’emprunts jusqu’à 15 millions d’euros, la gestion des classes et le droit de préemption des biens communaux ne seront plus débattus en séance.

Symptôme de la gestion future de notre ville : la limite de 15 millions d’euros est un choix arbitraire de la majorité, un seuil bien plus bas aurait pu être discuté et fixé afin d’allier réactivité pour la gestion courante et débat démocratique pour les emprunts conséquents. Le Maire pourra contracter des emprunts de plusieurs millions d’euros qui engageront très fortement la ville, pour éventuellement plusieurs mandatures, sans débat, à l’instar de la cuisine centrale ayant couté près de 10 millions d’euros.

Cette concentration des pouvoirs est presque irréversible : le retrait de ces délégations ne peut se faire que s’il est inscrit à l’ordre du jour…fixé par le Maire. La crainte d’une verticalité du pouvoir, d’une démocratie locale très diminuée, transformant notre Conseil Municipal en « chambre d’enregistrement » est donc légitime.