[ Tribune Juin 2026 ] Un budget municipal 2026 fragile et périlleux

Le magazine de mai a fait une présentation du budget 2026, voté en avril, qui laisse entendre que la santé financière de la commune est bonne. Pourtant, une analyse approfondie révèle des fragilités et une prise de risque dans l’élaboration du budget.

La situation au 1er janvier 2026 :

L’année 2025 a confirmé la fragilisation des finances de la ville que nos avions soulevée, avec un alourdissement de la dette qui dépasse les 15 millions d’€.

La vente des terrains de la Zone d’Activité Économique (ZAE), rue du 18 juin, devait faire rentrer 2,7 millions d’€. L’échec de ce projet a plombé les comptes 2025 et contribué aux 4 millions d’€ de déficit de la section d’investissement. Pour les combler, il a fallu puiser dans les réserves de la ville qui ont ainsi dangereusement baissé pour atteindre 2,6 millions d’€, leur niveau le plus bas depuis dix ans.

Une embellie est toutefois à noter sur l’autofinancement (montant restant dans les caisses après paiement des charges et de la dette). Il avait chuté en 2023 et 2024 pour atteindre le seuil inquiétant de 0,5 million d’€. Grâce, notamment, aux économies réalisées en 2025, Il s’est redressé pour approcher les 2 millions d’€.

Projections pour 2026 :

Année d’élection et de transition, marquée par la décision réaliste de ralentir le rythme des investissements et l’ambition de maintenir voire d’accentuer la baisse des dépenses. Sur ce dernier point, et malgré les demandes de notre groupe Ermont Citoyen, le maire n’a pas su démontrer le caractère structurel des économies réalisées. Nous restons vigilants sur ce point. Par ailleurs, rappelons qu’un budget s’élabore notamment selon des hypothèses conjoncturelles globales et le budget 2026, en dépit des conséquences économiques du conflit en Iran, table sur une faible inflation (inférieure à 2%) et sous-estime la hausse des prix de l’énergie. Le montant global de nos dépenses risque donc de repartir fortement à la hausse et d’affaiblir plus que prévu l’autofinancement. Les possibilités d’investissement s’en trouveraient réduites.

Risque calculé ? Le maire rempile en 2026 avec son projet de cession de la ZAE, au risque d’un nouveau déséquilibre budgétaire si la vente échouait ou était encore retardée. Le déficit provoqué pourrait-il alors être comblé avec le peu de réserves restant ? Les mois à venir le diront…