[ Tribune Novembre 2025 ] Quartier des Espérances : les jardins partagés menacés ?

Le Plan Local d’Urbanisme voté en 2023, auquel nous nous sommes opposés tant il faisait la part belle à la bétonisation et à la densification de notre ville, proposait tout de même quelques mesures sur le plan écologique. L’une d’elles : « OAP Trame verte et bleue » visait notamment à préserver vignes et jardins partagés. Pourtant, à peine 2 ans plus tard et alors même qu’ont débuté les travaux d’un vaste projet immobilier de 7 immeubles et 330 appartements, c’est maintenant un nouveau projet de construction d’un bâtiment communal qui vient menacer les jardins partagés du quartier des Espérances.

Depuis de nombreuses années, ces jardins, gérés par une association de quartier, offrent l’opportunité aux riverains de se retrouver dans un espace paisible, d’y cultiver fleurs et potagers et d’y croiser des voisins. C’est donc avec stupeur que ces derniers ont pris connaissance du projet présenté au Conseil municipal du 26 septembre qui prévoit la création d’un Pôle Petite Enfance sur l’emplacement de leurs jardins ainsi que sur le terrain de sport adjacent.

Notre groupe partage cette surprise à plus d’un titre : premièrement, nulle trace de ce bâtiment dans le programme 2020 du candidat Haquin et toujours rien dans la présentation des projets du budget 2025. C’est ainsi qu’en quelques mois surgit un vaste projet d’un coût prévisionnel de plus de 4,5 millions d’euros et qui commencerait fin 2026, après les élections municipales. Deuxièmement, ce programme semble répondre à la volonté de rassembler les personnels et les services administratifs liés à la petite enfance dont le multi-accueil des Gibus, situé rue du 18 juin. Il ne répond pas au besoin d’accroître l’offre de garde puisqu’aucune place de crèche n’est créée. Troisièmement, la question se pose du devenir de la parcelle aujourd’hui occupée par la crèche des Gibus : un projet immobilier de plus sur la rue du 18 juin ?

Nous ne pouvons que constater, à nouveau, le manque de vision et de cohérence de la politique menée par l’équipe majoritaire : Dégâts écologiques, aggravation de la fragilité des finances de la ville alors que le chantier de rénovation de nos écoles devrait être prioritaire.